Comment manger la figue de Barbarie sans se piquer

Figue de Barbarie épluchée et coupée en deux, chair rose avec pépins, sur planche en bois avec gants de jardinage

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Temps de lecture estimé : 8 minutes

Points clés à retenir

  • Éplucher au couteau après incision en longueur, jamais à mains nues
  • Avaler les pépins sans mâcher ou les tamiser pour une chair lisse
  • Seulement 36 kcal et 1 g de sucres pour 100 g
  • Limiter à 3-4 fruits par jour pour éviter la constipation
  • Prudence en cas de traitement antidiabétique

Qu’est-ce que la figue de Barbarie

La première fois que j’ai goûté une figue de Barbarie, c’était sur un marché près d’Essaouira, au Maroc. Le vendeur l’épluchait à toute vitesse avec un vieux couteau et une fourchette, sans jamais se piquer. Depuis, j’en achète chaque automne et je sais exactement comment manger la figue de Barbarie sans finir avec des épines plein les doigts.

Ce fruit pousse sur un cactus, l’Opuntia ficus-indica, aussi appelé nopal. On le trouve dans tout le pourtour méditerranéen, en Amérique du Sud et en Afrique du Nord. La plante elle-même est spectaculaire, avec ses raquettes plates et épineuses qui donnent naissance à ces petits fruits ovales.

Reconnaître un fruit mûr

Un fruit mûr a une peau orangée à rouge, parfois virant au violet selon la variété. Petit conseil de pro : regardez la base du fruit. Une goutte translucide qui perle à cet endroit signale une figue gorgée de jus, prête à être mangée. Si la peau reste verdâtre et ferme, laissez-la encore quelques jours mûrir à température ambiante.

Saison et disponibilité

En France, la figue de Barbarie est importée et sa saison s’étend d’août à novembre, avec un cœur de saison en septembre. On la trouve chez les primeurs, dans les magasins spécialisés en produits méditerranéens et de plus en plus en grande surface pendant cette période.

Bien choisir sa figue de Barbarie : Couleur de la peau, Goutte à la base, Test du toucher, Brut ou nettoyé

Comment choisir une bonne figue de Barbarie

Au marché, je passe toujours par le même rituel : je presse légèrement le fruit entre deux doigts, à travers un torchon pour éviter les épines. Une figue mûre cède un peu sous la pression, comme une pêche prête à manger. Trop dure, elle n’a pas assez de sucre. Trop molle, elle commence à fermenter.

La couleur seule ne suffit pas toujours, cela dépend des variétés. Certaines restent vert-jaune même mûres. Le toucher reste le meilleur indicateur, avec cette légère souplesse caractéristique.

Fruits épinés ou déjà nettoyés

Sur les étals, vous trouverez deux options. Les fruits bruts, encore couverts de leurs fines épines presque invisibles appelées glochides, coûtent moins cher. Les fruits déjà nettoyés en barquette, eux, se mangent directement mais reviennent plus cher au kilo. En grande surface, j’ai vu des barquettes de 500 g à 5,98 € le kilo chez Carrefour l’an dernier. Sur les marchés, la fourchette tourne plutôt entre 2,50 € et 4 € le kilo, à nuancer selon les régions et les saisons.

Conservation après achat

Une fois achetée, la figue de Barbarie se garde 3 à 4 jours à température ambiante ou une semaine au réfrigérateur, dans le bac à légumes. Je l’enveloppe dans un torchon pour éviter qu’elle ne se dessèche.

Comment éplucher une figue de Barbarie sans se piquer

C’est l’étape qui fait peur à tout le monde, et j’avoue que la première fois, je m’y suis pris comme un manche. Les épines, appelées glochides, sont minuscules et s’enfoncent dans la peau sans qu’on les voie venir. Avec la bonne technique, ça devient un jeu d’enfant.

Pour voir la technique en mouvement, cette vidéo de Plantes Sauvages Comestibles détaille chaque étape de l’épluchage pas à pas.

Équipement de protection

Ne touchez jamais le fruit à mains nues. J’utilise des gants épais de jardinage ou, à défaut, une pince et une fourchette pour maintenir le fruit sans le toucher directement.

Technique étape par étape

Coupez d’abord les deux extrémités du fruit avec un couteau bien aiguisé. Incisez ensuite la peau en longueur, sur toute la longueur du fruit, sans entamer la chair. Faites rouler la lame le long de l’incision pour décoller la peau, puis soulevez-la d’un coup sec avec la pointe du couteau ou la fourchette.

La chair se détache alors presque toute seule, comme un fruit qui glisse hors de son enveloppe. C’est tout bête mais ça marche à chaque fois, même avec des fruits bien mûrs et fragiles.

Erreurs à éviter

La plus grosse erreur reste de toucher le fruit à mains nues, même « juste pour voir ». Les glochides se logent sous la peau et démangent pendant des jours. Autre piège : une incision trop peu profonde qui laisse des lambeaux de peau piquante collés à la chair.

Comment manger la figue de Barbarie une fois épluchée

Une fois épluchée, la figue de Barbarie se mange crue, nature, à la cuillère comme un kiwi, ou coupée en morceaux dans une salade de fruits. C’est franchement un des fruits les plus simples à consommer, une fois passée l’étape de l’épluchage.

Que faire des pépins

C’est la question que tout le monde me pose, et c’est peu abordé ailleurs : la chair est pleine de petits pépins durs. Deux options s’offrent à vous. Soit vous les avalez sans les mâcher, comme on le fait avec les pépins de kiwi, et ils traversent le système digestif sans problème pour la plupart des gens.

Soit vous préférez une chair plus lisse, et dans ce cas passez la pulpe au tamis fin ou au moulin à légumes pour séparer le jus et la pulpe des pépins. Un vrai coup de cœur pour les préparations en jus ou en sorbet, où la texture compte.

Quantité raisonnable

Ne vous jetez pas dessus comme je l’ai fait la première fois. La consommation reste conseillée à 3 à 4 fruits maximum par jour, selon Jurassicfruit France, pour éviter les désagréments digestifs liés à l’accumulation des pépins.

Bienfaits nutritionnels de la figue de Barbarie

Ce fruit a longtemps eu une réputation de curiosité exotique, mais ses chiffres nutritionnels méritent qu’on s’y attarde. Il affiche seulement 36 à 36,8 kcal pour 100 g, selon les données Aprifel relayées par Allodocteurs. Autant dire que c’est un fruit léger, parfait en collation d’été.

NutrimentQuantité pour 100 gSource
Eau88 %Aprifel via Allodocteurs
Vitamine C12,5 mg (≈15 % des AJR)Anses/Aprifel
Fibres alimentaires4,45 gCiqual/Anses
Magnésium77 mgPasseport Santé/Aprifel
Manganèse0,58 mgAnses/Ciqual
Sucres1,02 gAllodocteurs/Aprifel

Ce qui m’a le plus surprise, c’est le taux de sucres : à peine 1,02 g pour 100 g. On imagine souvent ce fruit très sucré à cause de son goût, mais dans les faits, il est nettement plus discret que la plupart des fruits d’été.

Transit et antioxydants

Avec ses 4,45 g de fibres pour 100 g, la figue de Barbarie participe à un bon transit intestinal. Sa richesse en eau, à 88 %, en fait aussi un allié pour l’hydratation pendant les fortes chaleurs. On lui prête également des propriétés antioxydantes, portées notamment par ses pigments colorés.

Idées de recettes et associations culinaires

J’ai testé pour vous plusieurs façons de cuisiner ce fruit, au-delà de la simple dégustation nature. Passée au mixeur puis filtrée, la chair donne un jus rafraîchissant. Congelée et remixée, elle se transforme en sorbet à la couleur rose éclatante qui fait toujours son effet sur une table.

En sucré

En salade de fruits, elle apporte une touche originale à côté d’un ananas ou d’une mangue. En confiture, elle se marie bien avec un peu de citron pour équilibrer sa douceur naturelle. On ne s’en lasse pas une fois qu’on a goûté cette confiture d’un rose profond, sur une tartine du matin.

En salé

C’est là que ça devient intéressant pour une cuisinière comme moi : la figue de Barbarie se marie très bien avec un poisson grillé, un magret de canard ou des viandes blanches. En petits dés, elle apporte du croquant et de l’acidité douce à une salsa d’accompagnement. Ça change tout par rapport à une salsa classique à la mangue.

Les pépins pressés

Autre usage moins connu : les pépins, une fois pressés, donnent une huile riche utilisée en cosmétique et parfois en cuisine fine. C’est un procédé industriel, difficile à reproduire à la maison, mais ça vaut le coup de le savoir.

Précautions et contre-indications

Malgré ses qualités, la figue de Barbarie mérite quelques précautions. Manger trop de pépins d’un coup, surtout sans bien mâcher ni boire suffisamment d’eau, peut entraîner une constipation, voire dans de rares cas une occlusion intestinale chez les personnes fragiles du système digestif.

Petit conseil de pro : buvez un grand verre d’eau après en avoir mangé, surtout si vous avalez les pépins sans les tamiser.

Interaction avec les traitements

Un point que je n’ai vu nulle part ailleurs et qui mérite d’être connu : certaines études suggèrent que la figue de Barbarie pourrait influencer la glycémie. Les personnes sous traitement antidiabétique devraient en parler à leur médecin avant d’en consommer régulièrement, pour éviter tout risque d’interaction.

Cas à éviter

Par précaution, les femmes enceintes ou allaitantes limitent leur consommation, faute de données suffisantes sur ce fruit spécifique. Dans le doute, mieux vaut demander l’avis d’un professionnel de santé.

Ça sent le vécu quand je vous dis que la figue de Barbarie mérite sa place sur la table, entre le fruit du dessert et l’ingrédient salé qui surprend les invités. Une fois qu’on sait comment manger la figue de Barbarie sans se piquer, on ne s’en passe plus.

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